Défense de la langue française   
Nicole Fontaine Ancienne présidente du Parlement européen.
(Le Figaro) lundi 6 mai 2002
(extrait d'un article concernant ses propositions en cinq points pour une rénovation de la politique étrangère de la France. Le texte suivant constituait le cinquième et dernier point.)

La France doit s'investir de façon beaucoup plus volontariste dans la promotion de la langue française et de la francophonie, face à la pression hégémonique de l'anglo-américain. Faute d'une politique dynamique, le français est en recul partout dans le monde, L'incidence de ce recul sur les échanges politiques, économiques et culturels est sous-estimée. La France doit être d'une intransigeance absolue à cet égard au sein des institutions européennes et internationales. Dans tous les pays de l'Union, et dans tous les pays candidats à l'adhésion, le développement de l'enseignement du français et de la culture française doit devenir une priorité, sans se contenter d'entretenir les lycées pour les expatriés ou les centres culturels existants. C'est aujourd'hui qu'on attend la France dans les pays candidats, et elle est trop absente.

Même en Pologne, en Roumanie, en Bulgarie, où le français est encore répandu, la nouvelle Europe qui se prépare risque d'être de communication anglo-saxonne.

La France compte encore dans le monde, et il n'y a pas de fatalité à ce qu'elle compte moins demain. Nous ne sommes pas un pays continent, comme les États-Unis, ou un pays civilisation, comme la Chine, mais il nous appartient, contrairement à ce que croyait Aristide Briand, de ne pas « faire la politique de notre démographie ». Cela exige du courage, puisque certaines adaptations seront difficiles, mais il ne sert à rien de se voiler la face en espérant d'improbables retours en arrière. La lucidité n'est-elle pas la blessure la plus rapprochée du soleil ?

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