Défense de la langue française   
« LA VIE FINANCIÈRE
avait publié dans son numéro du 1er au 7 avril un article
semblant faire l'apologie du vocabulaire anglais dans la "nouvelle économie".
Marc Favre d'Échallens, administrateur de Défense de la langue française,
avait réagi et LA VIE FINANCIÈRE a publié l'article suivant
dans son n° 17 du 27 au 2 juin 2000 »
Mots nouveaux. Le vocabulaire de la nouvelle économie fait renaître le vieux débat sur la défense de la langue française.

Un billet, qui se voulait d'humeur, publié dans notre numéro du 1 er au 7 avril, a suscité de nombreuses réactions de lecteurs. Certaines, anonymes, étaient même écrites en des termes violents, qui ne méritent pas réponse. D'autres, comme celle de Marc Favre d'Échallens, administrateur de l'association Défense de la langue française, méritent d'être portées à la connaissance de nos lecteurs. Car elles donnent des idées ! Nous publions ici de larges extraits de la lettre de M. Favre d'Échallens.

   « Nous prenons la liberté de vous écrire pour vous faire connaître notre étonnement à la lecture d'un petit article intitulé Franglais, à nouvelle économie, nouveau vocabulaire.
   Cet article fait l'apologie de l'utilisation de l'anglo-américain dans la nouvelle économie, au motif qu'il serait rétrograde de refuser le vocabulaire et les codes de langage de cette nouvelle économie, qui est, nous précise-t-on souvent dans vos colonnes et aussi dans les autres médias, de ne pas attendre des autres - État, institutions - ce que l'on peut faire soi-même et mettre en œuvre la liberté d'entreprendre dans tous les domaines de l'activité humaine. [...]

Rien n'interdit aux francophones d'imaginer des mots nouveaux, de nouvelles acceptions pour de nouveaux concepts, les journalistes devraient avoir ici un grand rôle à tenir, […]Pour être concret, proposez, proposons des mots nouveaux […]
La Vie Financière pourrait contribuer à l'adaptation de la langue française aux nouvelles techniques par une rubrique forum où vos lecteurs et les journalistes proposeraient et échangeraient les mots nouveaux nécessaires aux techniques et concepts développés par l'économie électronique. »

Marc Favre d'Échallens

La réponse de LA V.F.

Chiche, cher Monsieur ! Nous allons essayer de relever le défi et d'inventer un vocabulaire français de la nouvelle économie. L'été sera propice à la réflexion. Et nous publierons, si vous le souhaitez avec votre association, les propositions de nos lecteurs. Mais de grâce, ne nous contentons pas de remplacer l'affreux mot anglais « start-up » par « jeune pousse ».
Une piste : ouvrir le Littré. Au mot vocabulaire, cet historien et défenseur de la langue française cite Abel Rémusat : « S'il est vrai que le vocabulaire d'une nation puisse être considéré jusqu'à un certain point comme le tableau de ses connaissances et le miroir de son génie… » À nos plumes, donc, car il y a du pain sur la planche ! À commencer par le langage des ordinateurs eux-mêmes, qui ne donnent les instructions qu'en anglais.

La Vie Financière!
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