

De gauche à droite : Mr Xavier Darcos, chancelier de l’Institut de France, Jean Pruvost, vice-président de DLF et Xavier Mauduit, historien émérite. Crédit photo : DLF
Ce qui nous réunit aujourd’hui autour de la remise du prix Richelieu, c’est l’amour de la langue et le plaisir qu’elle nous offre. Pour ma part, je retiens la joie que nous avons chaque jour d’explorer notre langue : chaque question, chaque difficulté de la langue, est un nouveau plaisir, celui d’aller dans les dictionnaires, parfois numérisés, pour vérifier la définition d’un mot, son étymologie, son orthographe. Je le constate tous les jours, il est possible de faire des fautes d’orthographe à la radio ! Les liaisons, les terribles liaisons... dangereuses, mais par les mots, c’est un univers immense qui s’offre à nous avec le plaisir de laisser la parole aux spécialistes. Il suffit de dire : « Racontez-moi votre recherche, vos travaux », et d’écouter les mots. Le français dispose de suffisamment de subtilité pour évoquer les nuances, transmettre facilement les idées les plus complexes.
Puisque nous sommes ici pour évoquer la langue française, il existe un souffle de la langue et une exigence légitime. Je m’en rends compte au quotidien. Sur France Culture ou sur Arte, malheur à qui fait une faute, moi le premier, et c’est tant mieux. Je suis heureux de voir cette attention à la langue. Vous n’imaginez pas combien je suis ravi de recevoir ce prix. Merci à l’association Défense de la langue française et merci à travers vous, Monsieur le Chancelier, à l’Institut de France.
Je vous le dis franchement, je fais de mon mieux. Je suis vigilant quant à la défense de notre langue, mais pas si inquiet que ça face aux réseaux sociaux. Le français demeure une langue de communication qui n’a pas été supplantée, en France, dans les SMS, dans les réseaux sociaux, dans les streams (reste à trouver un mot français). Elle est toujours présente, mais il est important qu’elle soit respectée le plus possible, même si nous sommes parfois surpris et heurtés par son évolution.
Je ne suis pas inquiet non plus face à l’intelligence artificielle, ou plutôt la mémoire artificielle, parce qu’il n’est pas vraiment question d’intelligence. Je me suis amusé avant de venir ici à demander simplement à l’IA : « Écris-moi un discours de remerciement pour un prix littéraire. » Le discours était parfait, réellement parfait. Il n’y avait aucun mot à enlever, mais il était sans émotion. Monsieur le Chancelier n’était pas cité, Jean Pruvost n’était pas cité, Défense de la langue française non plus. Le discours était très beau, mais il n’y avait pas ce qui fait palpiter la langue, ce qui nous donne le plaisir d’être ensemble. L’intelligence artificielle ne peut pas rivaliser avec la manière qu’a chaque personne d’utiliser le français. C’est sans compter le grand plaisir d’être là, physiquement, de pouvoir échanger et de mettre en avant notre langue. L’échange, c’est cela qui me porte, sans crainte... et surtout sans frémir devant les difficultés de notre langue qui sont un défi et un plaisir. Merci, merci vivement à l’association de m’avoir choisi pour ce prix.
Xavier Mauduit , historien, animateur de radio et de télévision, est né à Rueil-Malmaison en 1974.
Études : agrégé d’histoire (1997), et docteur en histoire (2012), prix Mérimée.
Carrière : d’abord professeur en lycée à Bernay et Villeneuve-Saint-Georges, il collabore ensuite aux émissions de Philippe Collin sur France Inter : « Panique au Mangin Palace », « Panique au ministère psychique », « La Cellule de dégrisement », « Les Persifleurs du mal» et « 5/7 Boulevard »... De janvier 2012 à juillet 2018, il coanime l’émission culturelle « Personne ne bouge ! » sur Arte. De septembre 2013 à juin 2015, il anime avec Philippe Collin, sur France Inter, « Si l’Amérique m’était contée ». D’août 2015 à juin 2021, il fait une chronique hebdomadaire d’histoire du sport sur France Inter dans « L’OEil du tigre ». Depuis septembre 2021, il participe à « 28 minutes », sur Arte, livrant une chronique d’histoire, en lien avec l’actualité. Depuis août 2019, il produit « Le Cours de l’histoire», sur France Culture.
Parmi ses œuvres : La Barbe ! La politique sur le fil du rasoir (2014); L’Homme qui voulait tout : Napoléon, le faste et la propagande (2015) ; La Dictée, une histoire française, avec Laure de Chantal (2016); Le Ministère du faste. La Maison de l’empereur Napoléon III (2016); Crapoussin et Niguedouille, la belle histoire des mots endormis, avec Laure de Chantal (2017) ; De Mathusalem à Mao Zedong. Quelle histoire ! (2018) ; Vidocq, 1775-1857, une vie épique (2018); Notre histoire en couleurs (2019); Notre grammaire est sexy : déclaration d’amour à la langue française, avec Laure de Chantal (2021); Napoléon III (2023); Fou d’histoire (2024).
(D’après Wikipédia.)


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