

Argh
ONOMATOPÉE D’USAGE DANS LES CONVERSATIONS NUMÉRIQUES EXPRIMANT LE DÉPIT, LE REGRET OU LA FRUSTRATION.
Argh est un soupir numérique. À distance, d’écran à écran, il permet de partager ses regrets avec les autres internautes. « Argh ! J’ai laissé des fautes dans mon commentaire. » En réponse à une mauvaise nouvelle, « argh » est de mise pour témoigner son soutien.
Osys dit : « J’ai acheté mes billets à la mauvaise date. 400 € foutus en l’air. » Stef34 répond : « Argh ! »
La compassion sans l’implication.
Variante émoticon
:- < Les deux points pour les yeux, le tiret pour le nez, le signe inférieur pour la moue dépitée...
Clivant
QUI DIVISE OU SUSCITE LA POLÉMIQUE.
Du néerlandais klieven (fendre un minerai cristallisé dans le sens de ses couches lamellaires), une idée clivante est une idée tranchante, un propos qui sépare nettement le camp du « pour » de celui du « contre ». L’adjectif s’applique à tout ce qui suscite la polémique ou divise. « Le pays est clivé » : il est divisé. Parfois, clivant a valeur d’euphémisme. « Il s’est montré trop clivant », comprenez agressif.
VERBE ...................................................................................................
Cliver : diviser. En matière politique, tout est élaboré et analysé à l’aune de ce qui clive ou rassemble...
Contrainte (j’ai une)
FORMULE D’USAGE POUR ESQUIVER UNE INVITATION.
Une contrainte étant une pression exercée par l’extérieur, cette expression permet de ne pas endosser la responsabilité d’un refus. Avec « empêchement, ou « obligation », « contrainte » est un mot de plus à la disposition de ceux qui veulent esquiver un rendez-vous ennuyeux. Et puis, l’excuse sans détail est toujours la meilleure.
« Dispo ce soir pour une mousse rue Oberkampf ? », demande François par SMS. « Dsl pas possible pour moi ce soir. J’ai une contrainte », répond Claude.
– Ça te dirait une bière rue Oberkampf ce soir ? – Désolé, je ne suis pas libre ce soir, j’ai une obligation.
Alexandre des Isnards, né en 1973.
Écrivain.
Diplômes : licence d’histoire et diplôme de l’Institut d’études politiques de Paris.
Carrière : consultant internet, pendant neuf ans, dans une agence média et web agency.
Publications : en collaboration avec Thomas Zuber : L’open space m’a tuer (2008) et Facebook m’a tuer (2012). Et cette année : Dictionnaire du nouveau français.


8 octobre 2025
Julien Soulié, membre de l’équipe d’experts du Projet Voltaire, ancien professeur de lettres classiques, verbicruciste et auteur engagé dans la vulgarisation linguistique, utilise la bande dessinée pour raconter avec humour et pédagogie l’histoire et les curiosités de la langue française, montrant comment ce médium ludique et visuel peut rendre accessible à tous les origines, les évolutions et les subtilités du vocabulaire français.

11 juin 2025
Xavier Mauduit, historien agrégé, docteur en histoire, animateur de radio et de télévision et spécialiste engagé dans la transmission de la langue et de l’histoire françaises, exprime sa passion pour l’exploration quotidienne de la langue — allant du plaisir d’aller « dans les dictionnaires » à la vigilance face aux évolutions modernes comme les réseaux sociaux ou l’intelligence artificielle — tout en soulignant l’importance de l’échange humain et du respect du français dans tous les médias.

11 juin 2025
Jacques Lacroix, professeur agrégé de lettres modernes, docteur ès lettres et spécialiste de la langue gauloise et de ses survivances dans le français, met en lumière l’importance de l’héritage gaulois en montrant que, loin d’être un « substrat pauvre », de nombreux mots d’origine gauloise — notamment liés à l’agriculture, à l’artisanat, aux armes et aux animaux — ont été conservés et ont donné naissance à une riche famille de dérivés dans le français moderne.

28 mars 2025
Bruno Dewaele, agrégé de lettres modernes, écrivain, chroniqueur de langue et champion du monde d’orthographe, partage son expérience de plusieurs décennies à défendre et analyser la langue française à travers ses chroniques dans La Voix du Nord et Lire Magazine.