

Habitué à des auditoires composés de responsables institutionnels parfois réfractaires ou d’étudiants peu éveillés à nos problématiques, ce n’est pas sans plaisir que je prends aujourd’hui la parole devant un public sensible par nature à l’importance de la défense de la langue française.
L’AFFOI s’est construite autour du constat que la langue française, bien que langue officielle et langue de travail de la très grande majorité des organisations internationales, voyait son usage se réduire dans le fonctionnement de ces institutions. Cet état de fait est connu, mais rares sont ceux qui en mesurent vraiment les conséquences.
Dans un monde désormais globalisé, les organisations internationales sont devenues les principaux maîtres d’oeuvre des grandes décisions communes. Il est donc impératif que les peuples qui les ont créées y soient représentés de façon équilibrée. Cette représentativité passe nécessairement par la diversité linguistique. Celle-ci est d’ailleurs généralement prévue de façon formelle dans les textes fondateurs. Pourtant, malgré les obligations légales, elle est de moins en moins respectée. Sous la pression de l’urgence, de la standardisation des pratiques et de prétextes budgétaires souvent fallacieux, la diversité linguistique et ses corollaires que sont les diversités culturelle et conceptuelle ont tendance à disparaître. Et en réalité, pour de nombreuses raisons politiques, culturelles, juridiques, économiques et autres, la langue française est désormais la seule langue encore capable de s’opposer à la dangereuse hégémonie de l’idiome anglophone appauvri et réducteur qui s’est progressivement imposé au sein des organisations internationales.
En défendant la langue française, c’est donc le respect de pratiques démocratiques équilibrées appliquées à la gestion du monde que nous défendons.
Pour ce faire, nous rencontrons, sollicitons et interpellons tous les acteurs du multilatéralisme ; nous participons aux grandes manifestations francophones (Forum mondial de la langue française, Sommet des chefs d’État de la Francophonie...) ; nous participons à des conférences ciblées (journée de réflexion sur le rôle des ambassadeurs francophones détachés auprès des organisations internationales...) ; nous organisons des évènements (Journée du français dans les organisations internationales...) ; nous réalisons des analyses (usages linguistiques appliqués à la communication des organisations internationales, conditions linguistiques du recrutement multilatéral...) ; nous publions en français des textes qui ne sont pas traduits par les organisations internationales ; nous proposons en interne des outils électroniques d’apprentissage du français ; nous créons des partenariats avec les acteurs institutionnels mais aussi avec des acteurs de la société civile ; enfin, lorsque cela s’avère nécessaire, nous agissons et réagissons par le biais de démarches juridiques.
Ainsi, depuis octobre 2013, nous avons, entre autres :
– traduit en français plus d’une centaine d’articles publiés seulement en anglais par différentes organisations internationales ;
– publié plusieurs articles de presse dans différents pays francophones sur les sujets qui nous préoccupent ; – publié une grande analyse des pratiques linguistiques appliquées aux sites internet de toutes les organisations internationales du monde (et incluant des analyses détaillées de plus de soixante-dix d’entre elles) ;
– collectionné plus de 3 000 fiches de postes ouverts au sein d’organisations internationales. Ces fiches seront analysées en 2014 ;
– rencontré plusieurs responsables nationaux et internationaux du plus haut niveau pour renforcer notre réseau d’influence ;
– multiplié les interventions, formelles et informelles, sur des sujets aussi importants que les pratiques de recrutement, les modèles professionnels juridiques ou de gestion financière dans plusieurs OI de premier plan ;
– déposé une plainte contre la Commission européenne auprès du médiateur européen pour non-respect des règles linguistiques. (Comme vous le savez probablement, c’est DLF Bruxelles-Europe qui avait attiré notre attention sur le sujet, ce qui prouve que DLF et AFFOI ont des intérêts communs et des moyens complémentaires dont il serait bon d’exploiter plus finement la synergie.)
Voilà donc, en quelques mots, ce qu’est l’AFFOI. Merci de m’avoir écouté.
Dominique Hoppe, né en 1959,
a travaillé à l’Office européen des brevets (OEB)comme responsable de la documentation, chef de projet, contrôleur de gestion puis analyste stratégique, il en est administrateur depuis 2005.
Président de l’Assemblée des francophones fonctionnaires des organisations internationales (AFFOI) depuis 2007, il est également président du Conseil supérieur des francophones fonctionnaires internationaux depuis 2008, membre de l’Association des professionnels en sociologie d’entreprise depuis 2002, président d’honneur de l’Assemblée des jeunes francophones pour les organisations internationales (AJFOI) depuis 2012 et président d’Anthropocratis depuis 2013.

8 octobre 2025
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11 juin 2025
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11 juin 2025
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28 mars 2025
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