

Que l’on dise aujourd’hui : « Une bonne dégustation ! » à la place de : « Bon appétit ! » n’est franchement pas très grave. Que l’on demande aux chanteurs d’avoir une « signature vocale » plutôt qu’une belle voix n’est pas très grave non plus. Et si les footballeurs ont comme seule stratégie de « prendre les matchs les uns après les autres », tant pis pour eux, c’est leur problème !
En revanche, lorsqu’on entend que, « l’un dans l’autre », notre monde mériterait « plus de transparence » et qu’il est nettement moins facile de réussir à « faire son deuil » que de « nager dans le bonheur », ça invite à la réflexion... (« Avant-propos », p. 8.)
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« Ça y est, j’ai l’argent ! » Voilà ce que dit un voleur quand il réussit le casse du siècle. Ensuite, il enlève sa cagoule et il prend ses jambes à son cou pour ne pas se faire attraper. Un voleur n’a jamais envie de se faire attraper. Ni par la police, ni par la justice, ni par ceux qu'il a volés. Sinon, il doit rendre des comptes. Rendre ce qu’il a volé. Et puis il risque la prison, à l’instar de tous ceux qui contreviennent à la loi ; ceux qui agressent – les agresseurs –, ou ceux qui tuent – les assassins. Eux aussi, la plupart du temps, prennent leurs jambes à leur cou juste après leurs méfaits. Et d’eux aussi, comme des voleurs, tant qu’ils ne se font pas arrêter, on dit qu’ils « courent toujours ».
Toutes les semaines, on entend la formule dans les journaux : « l’assassin court toujours », « l’agresseur court toujours », « le voleur court toujours ». [...] Ces gens-là sont de grands athlètes. Plus forts que les plus forts des sprinteurs et des marathoniens ! Il arrive, en effet, qu’ils courent très, très longtemps. Pendant des années, voire des siècles. Il faut donc de bonnes jambes, mais aussi de l’endurance quand on commet un délit ! (« L’assassin court toujours », p. 9.)
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L’autre jour, j’ai reçu un coup de fil d’une fille qui, sans même me laisser le temps de dire : « Allô, bonjour », m’a demandé : « T’es où ? » du coup, j’ai répondu : « T’es qui ? » (« Entre la vie et la mort », p. 112.)
Frédéric Pommier, né en 1975. Journaliste.
Études de philosophie et École de journalisme et de communication de Marseille.
Carrière :
Présentateur du journal de France Musique (2000 - 2001).
À France Inter depuis 2002 : reporteur au service politique ;
présentateur de la revue de presse ;
chroniqueur pour les émissions « Esprit critique », « Et pourtant elle tourne », et « Comme on nous parle ».
Présentateur du journal de la culture Pop-corner ;
nouvelles chroniques : « Les amants du boulevard » et « La poésie du jeudi ».
Producteur du feuilleton 18 bis, boulevard Hache-Coeur.
Présentateur de l’éphéméride du 7/9.
Depuis septembre 2014, présentateur de la revue de presse du week-end.
Publications :
Mots en toc et formules en tic : petites maladies du parler d’aujourd’hui (2010) ;
Paroles, paroles : formules de nos politiques (2012) ;
Le Prix des boîtes [pièce de théâtre] (2013) ;
L’assassin court toujours et autres expressions insoutenables (2014).


8 octobre 2025
Julien Soulié, membre de l’équipe d’experts du Projet Voltaire, ancien professeur de lettres classiques, verbicruciste et auteur engagé dans la vulgarisation linguistique, utilise la bande dessinée pour raconter avec humour et pédagogie l’histoire et les curiosités de la langue française, montrant comment ce médium ludique et visuel peut rendre accessible à tous les origines, les évolutions et les subtilités du vocabulaire français.

11 juin 2025
Xavier Mauduit, historien agrégé, docteur en histoire, animateur de radio et de télévision et spécialiste engagé dans la transmission de la langue et de l’histoire françaises, exprime sa passion pour l’exploration quotidienne de la langue — allant du plaisir d’aller « dans les dictionnaires » à la vigilance face aux évolutions modernes comme les réseaux sociaux ou l’intelligence artificielle — tout en soulignant l’importance de l’échange humain et du respect du français dans tous les médias.

11 juin 2025
Jacques Lacroix, professeur agrégé de lettres modernes, docteur ès lettres et spécialiste de la langue gauloise et de ses survivances dans le français, met en lumière l’importance de l’héritage gaulois en montrant que, loin d’être un « substrat pauvre », de nombreux mots d’origine gauloise — notamment liés à l’agriculture, à l’artisanat, aux armes et aux animaux — ont été conservés et ont donné naissance à une riche famille de dérivés dans le français moderne.

28 mars 2025
Bruno Dewaele, agrégé de lettres modernes, écrivain, chroniqueur de langue et champion du monde d’orthographe, partage son expérience de plusieurs décennies à défendre et analyser la langue française à travers ses chroniques dans La Voix du Nord et Lire Magazine.