

DLF : Connaissiez-vous l’association DLF et son prix Richelieu ?
Guillaume Roquette : Je connaissais le prix et je me souviens que, lorsque Yves Calvi l’a reçu, je m’étais pris à rêver que je puisse en être un jour lauréat. Je n’espérais pas que cela puisse arriver si vite ! En revanche, je ne connaissais pas DLF et pensais que le prix était l’émanation de l'Académie française.
DLF : En tant que journaliste, quelle importance attachez-vous à la langue française ?
Guillaume Roquette : C’est un bonheur d’en être dépositaire. Je ne parle pas assez l’anglais, ni aucune autre langue étrangère d’ailleurs, pour savoir si l’on peut retrouver ailleurs la même précision et la même richesse que dans le français. Il y a un plaisir du mot juste, une musique de la phrase bien construite, qui peuvent sauver des textes par ailleurs banals. La langue est souvent la bouée de sauvetage du journaliste peu inspiré !
DLF : On accuse souvent les journalistes de diffuser une langue appauvrie. Qu’en pensez-vous ?
Guillaume Roquette : C’est souvent vrai, car les journalistes sont à la fois le fruit et le reflet de leur époque. Il y a parfois aussi chez eux la tentation de parler comme les « vrais gens », ce qui est une erreur à mon sens : le lecteur, comme le téléspectateur, apprécie qu’on s’adresse à lui dans une jolie langue, c’est une forme de courtoisie.
DLF : La langue française vous paraît-elle menacée par l’anglo-américain ?
Guillaume Roquette : Oui, parce qu’elle reflète les valeurs du monde anglo-saxon : modernité (notamment technologique) et énergie. Difficile de ne pas céder à la tentation !
DLF : Avez-vous des projets en faveur de la langue française ?
Guillaume Roquette : Non, hormis m’efforcer de ne pas trop l’abîmer lorsque j’en use.
DLF : Quels sont pour vous les écrivains qui ont le mieux illustré la langue française au XXe siècle ?
Guillaume Roquette : Tout en haut Céline, qui l’a réinventée. Je n’ai pas d’auteurs fétiches, mais certains livres m’ont marqué par leur style, comme ceux de Déon, ou Service inutile de Montherlant. Plus près de nous, j’ai beaucoup d’affection pour Jean d’Ormesson et beaucoup d’admiration pour Franz-Olivier Giesbert, grand journaliste et vrai écrivain. (Mais le modèle absolu à mes yeux en matière de style reste Chateaubriand.)
Guillaume Roquette, né en 1965. Journaliste.
Carrière :
Au Figaro, journaliste à la rédaction économique (1988-1994).
Chef de service (1994-1998).
Rédacteur en chef adjoint puis rédacteur en chef (1998-1999).
Directeur de la rédaction (2000-2006).
Éditeur de L’Entreprise (2003-2006).
Au Groupe Valmonde, directeur général et directeur des publications (2006-2012).
Depuis 2012, directeur de la rédaction du Figaro Magazine.
Coproducteur et coprésentateur sur LCI (1999-2001).
Producteur et animateur sur Radio Notre-Dame (2003-2005).
Coanimateur à BFMTV (2005-2006).
Éditorialiste politique à iTélé (2009-2011).
Chroniqueur politique à France Inter (depuis 2010), LCI (2010 à 2012) et Europe 1 (depuis 2012).
(D’après le Who’s Who 2014.)

8 octobre 2025
Julien Soulié, membre de l’équipe d’experts du Projet Voltaire, ancien professeur de lettres classiques, verbicruciste et auteur engagé dans la vulgarisation linguistique, utilise la bande dessinée pour raconter avec humour et pédagogie l’histoire et les curiosités de la langue française, montrant comment ce médium ludique et visuel peut rendre accessible à tous les origines, les évolutions et les subtilités du vocabulaire français.

11 juin 2025
Xavier Mauduit, historien agrégé, docteur en histoire, animateur de radio et de télévision et spécialiste engagé dans la transmission de la langue et de l’histoire françaises, exprime sa passion pour l’exploration quotidienne de la langue — allant du plaisir d’aller « dans les dictionnaires » à la vigilance face aux évolutions modernes comme les réseaux sociaux ou l’intelligence artificielle — tout en soulignant l’importance de l’échange humain et du respect du français dans tous les médias.

11 juin 2025
Jacques Lacroix, professeur agrégé de lettres modernes, docteur ès lettres et spécialiste de la langue gauloise et de ses survivances dans le français, met en lumière l’importance de l’héritage gaulois en montrant que, loin d’être un « substrat pauvre », de nombreux mots d’origine gauloise — notamment liés à l’agriculture, à l’artisanat, aux armes et aux animaux — ont été conservés et ont donné naissance à une riche famille de dérivés dans le français moderne.

28 mars 2025
Bruno Dewaele, agrégé de lettres modernes, écrivain, chroniqueur de langue et champion du monde d’orthographe, partage son expérience de plusieurs décennies à défendre et analyser la langue française à travers ses chroniques dans La Voix du Nord et Lire Magazine.