Articles

L’agonie de la belle forme interrogative 

Alors que l’on critique souvent la longueur de l’expression en français, il est paradoxal de compter trois syllabes en plus à demander « Comment est-ce que vous faites ? »  plutôt que « Comment faites-vous ?» Aussi des amoureux de notre langue, le mode interrogatif lourd étant quasi général, persistent-ils à pratiquer le questionnement léger et se demandent si les professeurs des écoles pensent à l’éviter devant l’élève : « As-tu bien lu le texte ? » au lieu de : « Est-ce-que tu as bien lu le texte ? ».
Rédigé par Etienne Maignen
Publié le 7 juillet 20266 min de lecture
L’agonie de la belle forme interrogative 

Il est patent que la forme interrogative légère - verbe devant sujet - est en voie de disparition de la langue française, qu’il s’agisse de l’expression orale de tout un chacun ou de celle des meneurs d’entretien à la radio et à la télévision. « Comment est-ce que vous faites pour… ? », « Vous en pensez quoi ? », « C’est quoi votre profession ? », « Pourquoi est-ce que vous faites ça ? », etc.

Qu’avons-nous donc contre la forme de questionnement avec inversion du sujet, pourtant plus brève, plus légère, et donc plaisante à l’oreille ? D’aucuns avancent qu’en débutant avec « est-ce que » ils s’accorderaient un instant avant de formuler la question. Mais cet argument n’est pas adéquat lorsque, dans une question, on n’inverse pas sujet et verbe : « Vous croyez cela possible ? »  D’autres soutiennent que la question posée sans la forme interrogative, avec la seule intonation montante, ôterait une note d’agressivité qu’ils perçoivent dans la forme inversée; de plus, ils estiment que « Puis-je venir avec vous ? » sonne suranné, voire pédant à des oreilles accoutumées à ouïr « Est-ce que je peux venir avec vous ? ».

Mais alors que l’on critique souvent la longueur de l’expression en français, il est paradoxal de compter trois syllabes en plus à demander « Comment est-ce que vous faites ? »  Aussi des amoureux de notre langue, le mode interrogatif lourd étant quasi général, persistent-ils à pratiquer le questionnement léger et se demandent si les professeurs des écoles pensent à l’éviter devant l’élève : « As-tu bien lu le texte ? » au lieu de : « Est-ce-que tu as bien lu le texte ? ».

Quant à la forme interro-négative, citons-la pour mémoire et in memoriam : « N’auriez-vous pas oublié votre parapluie ? »  Le parapluie est peut-être oublié, la forme interro-négative légère l’est certainement.

Denise Bombardier : « Je devais m'affirmer pour défendre le français contre des Français ». Bouillon de culture - 29.06.2001 Bernard Pivot, Amélie Nothomb, Éric Orsenna, James Lipton...

4 juillet 2026

Denise Bombardier : « Je devais m'affirmer pour défendre le français contre des Français ». Bouillon de culture - 29.06.2001 Bernard Pivot, Amélie Nothomb, Éric Orsenna, James Lipton...

En réponse à la question de Bernard PIVOT sur la langue française et la menace que représente l'anglais qui peu à peu grigonte la langue française, Denise BOMBARDIER défend avec beaucoup de conviction et de colère la défense du français. Elle est devenue une sorte d'égérie de la langue française. Présence des autres invités dont James LIPTON et Amélie NOTHOMB. Les français sont fascinés par la culture américaine.

Articles
Quand le français vacille sous le poids des anglicismes.

11 mars 2026

Quand le français vacille sous le poids des anglicismes.

Sur TV Libertés, dans son émission Perles de culture, Anne Brassié reçoit Pierre Gusdorf et Jean-Marc Schroeder. Quand le français vacille sous le poids des anglicismes.

Articles
Salon de l’agriculture 2026: un amour vache !

25 février 2026

Salon de l’agriculture 2026: un amour vache !

À l’occasion du 62e Salon de l’agriculture, marqué par l’absence des vaches en raison de la dermatose nodulaire, notre cher linguiste et vice-président de DLF Jean Pruvost revient sur l’histoire et les sens du mot « vache » pour le Figaro.

Articles
Un nouveau moyen d’agir pour la langue française !

24 février 2026

Un nouveau moyen d’agir pour la langue française !

Un nouveau service, mis à la disposition des consommateurs, nous offre la possibilité d’agir rapidement et simplement pour lutter contre les atteintes à la langue française dans les échanges commerciaux. Sachons en tirer profit pour notre cause.

Articles

Rejoignez-nous et défendons ensemble la langue française!